Mode

Un couturier nous parle à l’approche de la fête de Tabaski

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A l’approche de la fête de la Tabaski, toute bonne Sénégalaise prépare en bonne et due forme la tenue qui la fera rayonner et pourquoi pas éclipser toute beauté autre quelle ! Cela passe évidemment entre les mains magiques d’un tailleur, les doigts de fée d’une coiffeuse, les dépenses en accessoires sublimateurs …

Dans une série d’articles nous allons voir les tendances qui se démarquent en cette période dans ces secteurs.

Parole à un couturier dans ce premier article, Massaer SY à Ouagou Niayes II.

JONGOMA : Bonjour, qui est Massaer SY et quel a été son parcours?

Massaer SY : Je suis un tailleur d’environ 35 ans, j’ai ouvert mon atelier en 2007 ici à Ouagou Niayes II. J’ai débuté en 1994 à Dakar chez mon oncle Serigne Gueye. J’y suis resté 3 ans. J’ai ensuite été contractuel dans plusieurs ateliers pendant 9 ans avant d’ouvrir ma propre entreprise, WAKEUR SERIGNE FALLOU « BAOL COUTURE ».

JONGOMA : Quelles tendances voyez vous en préparation de la Tabaski 2012?

Massaer SY : Je reçois beaucoup de guetzner et de ganila car ce sont des matières naturelles donc agréables à porter en cette période de chaleur. On en fait des obasanjo et des kaftan principalement pour les hommes. Les femmes commandent le plus des taille-basse et des robes, dans des dominantes de  blanc avec broderies multicolores .

   JONGOMA : L’affluence est-elle bonne ?

Massaer SY : Je dirais qu’ il y a moins de clients par rapport à la Tabaski 2011. La crise semble être passée par là ! Mais nous rendons grâce à Dieu, on s’en sort bien. Nos clients nous sont toujours fidèles grâce au service de qualité que nous leur donnons.

  TAILLE BASSE GANILA : 150 € PAYABLE EN 3 FOIS SANS FRAIS

JONGOMA : Comment s’effectue le choix des modèles ?

Massaer SY : Certaines clientes me font entièrement confiance quand aux modèles que je leur dessine. D’autres, me présentent leur modèles et j’y ajoute ma touche personnelle. Il est aussi  important de noter que pour chaque morphologie de femme certains modèles sont plus adaptés que d’autres.

JONGOMA : Ah bon ? Et comment ça ?

Massaer SY : Oui. Les taille-basse par exemple convient le mieux aux personnes à la taille bien marquée, avec une corpulence moyenne. Les femmes minces peuvent tout se permettre, particulièrement ce qui est près du corps. Quant à la femme à forte corpulence  (plus de ventre que de poitrine), la taille-basse et les modèles trop cintrés lui vont beaucoup moins

JONGOMA : Osez-vous le conseiller à vos clientes

Massaer SY : Si je veux me retrouver à la police! EN effet, certaines femmes tiennent coûte que coûte à avoir le même model qu’elles ont vu sur tel magazine et/ou porté par leur star o mannequin préféré sans se soucier si ce model va bien avec leur morphologie. En tout cas si une femme me présente un model je lui donnerai mon avis personnel et ceux de mes collaborateurs(trices). Si elle insiste sur un model qui ne lui va, je le lui ferai quand même car chez « Baol Couture » le client est roi.

JONGOMA : On trouve la confection de plus en plus chère. Qu’en est-il à BAOL COUTURE ?

Massaer SY : je dirais que mes prix sont abordables, de 7.000 F (taille-basse wax) à 80.000 F (ganila). Mes robes de mariée sont un peu plus chères, mais je fournis toute la matière première: tissus, fils, accessoires…

JONGOMA : Comment expliquez-vous qu’un tailleur ne respecte pas toujours la date de livraison ?

Massaer SY : Il arrive que des clientes nous amènent leur tissu bien après que nous clôturons les commandes. Elles refusent de comprendre cet arrêt et nous abandonnent le tissu. On essaie alors de satisfaire tout le monde. Et parfois on n’y arrive pas.

JONGOMA : N’est-ce pas de l’arnaque ?

Massaer SY : Non, c’est juste qu’on veut satisfaire tout le monde. Par contre, on peut dépenser en garnitures pour confectionner une tenue et ne jamais rentrer dans nos fonds car personne ne récupère la commande !

JONGOMA : Vraiment ?

Massaer SY : Oui cela arrive. C’est une perte car nous ne pouvons ni récupérer la somme ni revendre la tenue.

JONGOMA : Massaer SY, le mot de la fin ?

Massaer SY : Le métier est vraiment passionnant, mais la crise ne l’a pas épargné. Mais tant que les femmes seront là, nous serons à leurs côtés pour les sublimer ! Les femmes sénégalaises sont très belles.

Par Anna DIOP.

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